05.10.2005

Les corps abandonnés

-aïe ! Faîtes attention où vous mettez les pieds !

- oh, pardonnez-moi…

 

J’habite les nuages, il est vrai que mon corps est resté sur Terre par erreur. Mais comment remédier à ce problème ?

Pauvre carcasse dénudée d’âme qui ère dans votre monde. Mais où lui dire d’aller ? Pauvre machine de chaire, la raison, son esprit, son cœur ont déserté… les lâches !

Non laisser lui un peu de Terre dans cette vaste prison, s’il vous plaît. Là-haut dans les nuages, il n’y a pas de place pour elle…

 

-mhm… pauvre fou.

04.10.2005

Quitter la Terre...

 

Une ombre sur les rochers scrute l’horizon.

 

Un couple ridé, main dans la main,

Passe en silence leur chemin

Dans le dos du fantôme solitaire,

Un cœur pour deux, le cœur sur Terre.

 

Les pieds dans l’eau, le fantôme pêche des pensées,

Ramasse sur la plage quelques rêves échoués.

Le temps semble comme suspendu en l’air,

Il chante la voix toute nue pour la mer.

 

Le vent emporte sa réalité, son chagrin.

Voilà qu’un nuage ensoleillé vient le prendre par la main.

Au loin, une silhouette à contre jour danse dans les airs,

S’envole vers un bonheur imaginaire…

 

Mon ombre sur les rochers scrute l’horizon,

Tandis que moi, moi je plane au loin, au-dessus de la mer,

Je fais des bulles de savon

Pour glisser dedans…tout doucement… « Quitter la Terre »

26.09.2005

Cupidon... vaurien!

J’aimerais m’envoler mais mon cœur est de plomb.

Autrefois si léger, percé par Cupidon,

Enveloppé par des nuages de cotons,

Mon cœur s’est brisé sur du roc lorsqu’en amont

Parmi les astres je vis la Lune en haillons.

 

Rêves fracassés sur des planètes de glace,

Espoir envolé, corps devenu carapace,

J’avance les yeux crevés dans l’air vorace.

 

Tes yeux sont des couteaux,

Tes mots absents me saignent dans le dos.

Tes mains semblent gelées,

Mon cœur vit dans une nuit profonde sans baisers,

Perché sur l’oubli, là où il ne fait jamais chaud,

J’attends mes rêves, suspendue là-haut.

 

 

 

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24.09.2005

Bienvenue dans le royaume de Lucifer...

J’arpente les rues

D’un monde vaincu.

Anges décapités sur les sentiers battus,

Cadavres d’espoirs et rêves déchus.

 

Quelques bouts de chair au cœur asphaltique

Font pleuvoir des larmes métalliques

Sur des routes bucoliques

En souvenir d’une planète onirique.

 

Squelettes orateurs,

Fantômes sans cœur

Catapultent haine et douleur

Et sur Terre règnent en dictateurs.

 

J’arpente les rues,

D’un monde déchu,

Croisant des ombres dans le chaos urbain,

Traînant leur carcasse, mi fantôme mi humain…

 

J’arpente les rues, le ciel en feu, monde livré aux enfers, hommes de rien…

Miséricorde ! J’arpente les rues… un sourire à la main.

 

23.09.2005

Voyage au coeur de la nuit

Comme envie de s’éclipser dans une bulle de savon,

Pour voyage de noces avec la Lune ou bien Pluton.

Comme envie d’être avalée par des airs tziganes,

Avec ma guitare, comme envie d’être gitane..

 

Comme une envie d’être emportée par le ciel…

Mais les anges me tournent le dos, me montrent leurs ailes,

S’envolent et moi je reste, clouée ici bas

A manger des feuilles d’eucalyptus et boire des jus d’ananas.

 

Comme envie de me dissoudre dans la voie lactée,

Jongler avec les étoiles, toucher le soleil et voir mes larmes brûler.

Comme envie de plaquer ma vie sur une toile de dessin,

Tourner la page et m’éloigner des grands chemins.

 

Je veux m’en aller…

 

J’veux m’en aller,

Finir de me noyer..

Dans les yeux de Rimbaud ou ceux de mon chien…

Ivresse dans des poèmes saturniens,

Je m’efface, échappe à ma vie,

J’évite de me croiser, seule dans la nuit…

 

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